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Pour gagner en 2012, la gauche devra sortir de ses ambiguïtés,
revenir aux sources de son engagement et proposer aux Français un
programme crédible qui réponde à la gravité de la situation et à leur
profonde aspiration à la justice et au changement. Nous ne pouvons plus
nous contenter de remèdes éculés, devenus inefficaces. Il faut inventer
de nouvelles régulations, mettre en place de nouvelles solidarités, et
surtout promouvoir un nouveau modèle de développement, juste et durable.
Libres de tout passif idéologique mais porteurs du grand héritage
républicain, humaniste et laïc, les radicaux sont depuis toujours à
l’avant-garde sur les questions économiques et de société, et la défense
des libertés publiques. C’est l’esprit des trente propositions
présentées ici et la raison d’être de la candidature de Jean-Michel
Baylet aux primaires citoyennes.
Découvrir les 30 propositions
L'urgence politique : faire face à la crise de la zone euro
Nous avons fait l’euro, mais nous n’avons pas su nous doter de la
politique économique commune qui en était le corollaire indispensable.
Par refus de céder la moindre parcelle de souveraineté, nous avons
laissé se développer une politique monétaire indépendante gérée par la
Banque centrale européenne et vingt-sept politiques budgétaires
incohérentes, où chacun a voulu profiter de la stabilité de l’euro pour
s’exonérer de la nécessité de contrôler ses dépenses.
Cette dispersion du pouvoir économique en Europe est le péché
originel de la zone euro. Elle est la principale faille dans laquelle
s’engouffrent aujourd’hui les spéculateurs. Et tant que nous
n’aurons pas réglé la question de la construction d’une véritable
politique économique au niveau européen, nous continuerons de subir la
pression des marchés financiers et les conséquences de la stagnation
économique actuelle
Les radicaux de gauche proposent de doter l’Europe de moyens économiques renforcés, ce qui peut se traduire à court terme par :
- la mise en place d’un gouvernement économique européen permettant
aux institutions de discuter préalablement les budgets des États et de
reprendre la main sur la politiquemonétaire de la Banque centrale
européenne ;
– la possibilité pour l’Union de lever des emprunts obligataires et
pour la Banque centrale européenne de racheter les dettes souveraines
des États confrontés à la crise ;
– une augmentation du budget communautaire permettant des politiques
de relance au niveau européen (comportant la conduite de grands travaux
réduisant les déséquilibres entre régions et des politiques communes
dans le domaine de la recherche) ;
– la création d’un fonds de développement et d’investissement
émettant des obligations européennes convertibles, soutenant les
entreprises les plus innovantes dans les secteurs les plus créateurs
d’emplois et les plus respectueux de l’environnement ; nous proposons
une première tranche de 50 milliards d’euros, soit la moitié du plan
d’aide au Portugal ;
– une harmonisation de l’assiette de l’impôt sur les sociétés afin de
limiter la concurrence fiscale entre les pays européens, qui est à
l’origine de 80 % des délocalisations industrielles en France ;
– une taxation des transactions financières sur les dettes souveraines à l’échelle du continent ;
– la création d’une agence publique de notation européenne. Cette
agence sera indépendante et dotée d’une expertise financière. Elle
assurera également la promotion d’un nouveau modèle de croissance grâce à
des indicateurs de développement prenant en compte des critères
économiques, sociaux et environnementaux : il faut habituer les esprits à
l’idée qu’un modèle de société se mesure d’abord au bien-être qu’il
procure à ses habitants.
Une priorité : soutenir la croissance des PME
Notre système économique doit donner toute sa place aux PME, aux TPE
et à l’économie sociale, qui portent la création d’emploi et
l’innovation en France.
Ceci suppose d’abord de les aider dans leur croissance, qui est la
phase la plus délicate de la vie de l’entreprise et la principale
faiblesse qui empêche nos PME d’être aussi performantes que leurs
concurrentes allemandes.
Nous proposons deux mesures fortes :
1/ Un accès réservé à la commande publique
Aujourd’hui, seulement 11 % des marchés publics vont aux PME.
Celles-ci souffrent comme sous-traitants alors même qu’elles constituent
le principal gisement d’emplois, d’innovation et de compétitivité de
notre économie.La France doit se doter d’une législation réservant 30 %
des commandes de l’État et des collectivités locales à des PME, comme
c’est déjà le cas aux États-Unis.
Cette proposition a été abandonnée en 2008, notamment sous la
pression de nos partenaires allemands. Mais elle est indispensable pour
assurer l’avenir de nos PME, et devra s’accompagner d’une réforme du
code des marchés publics conduite au niveau européen ainsi que de
négociations à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
2/ Un accès élargi au crédit bancaire et à l’exportation
Il faut desserrer l’étau financier qui étrangle en particulier
petites et moyennes entreprises. Elles subissent encore aujourd’hui
l’extrême frilosité des banques, malgré la mise en place de quelques
dispositifs insuffisants.
Nous proposons un accès élargi des PME au crédit, qui implique de
leur réserver une part du financement bancaire, selon des axes définis
avec les grandes banques et compagnies d’assurance, et ce en utilisant
les ressources du Fonds stratégique d’investissement et de la Caisse des
dépôts et consignations (CDC). Des critères sociaux et environnementaux
conditionneront l’octroi de ces prêts bancaires à taux bonifiés et
permettront aussi d’accompagner la mutation des secteurs en crise et
l’essor des entreprises à fort potentiel d’innovation technologique.
Au-delà de l’accès au crédit bancaire, les PME doivent être incitées à
exporter, car elles constituent le maillon faible de notre commerce
extérieur, dont la fragilité (avec un déficit de 4 % du PIB) représente
aujourd’hui le principal frein à la croissance. Afin de pallier le fait
que nos entreprises exportent des produits souvent trop peu innovants,
une mesure forte d’incitation à l’exportation sera prise grâce à
l’extension des garanties d’assurance-crédit et la mise en place de
facilités bancaires.
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